L’esclave HILAIRE et le « Gant de Barbade » – when a slave meets the infamous Barbados glove.

Cet article est principalement composé de la traduction de documents de la Cour de Justice de Gustavia, tous rédigés en Anglais. Les phrases sont souvent trés longues et les ponctuations un peu fantaisistes.

Il sera question ici d’une sordide affaire, celle de la torture d’un esclave par ses propriétaires. Inutile de juger ce que nous ne pouvons pas comprendre, même lorsque cela donne la nausée, mais rappelons nous qu’il y eut des esclaves sur notre île aussi.

Le 20 juillet 1842, le Vice-Fiscal Samuel Augustus MATHEWS rédige la convocation suivante :

« Le 19 de ce mois, Mr Thomas MARDENBOROUGH est venu se plaindre que des planches de bois lui avaient été volées par son esclave HILLAIRE et qu’une d’entre elles avait été retrouvée dans la cour de Bernard BEAGINO pour laquelle il avait payé le dit HILAIRE 4 bits. L’ayant interrogé, Bernard BEAGINO a nié avoir payé 4 bits pour cette planche, mais dit qu’il l’avait trouvée à côté de chez lui, ce matin de bonne heure, et qu’il l’avait mise dans son jardin.

Je demande donc que Mr MARDENBOROUGH et Mr BEAGINO, ainsi que l’homme HILLAIRE soient appelés à comparaitre, et que BEAGINO et l’homme HILLAIRE soient punis comme il se doit dans ce genre d’affaire et qu’ils soient condamnés à payer les frais du procès ».

La convocation est délivrée par le Marshall Fredrik Gerhard MILANDER ce jour à 16 heures. On peut noter que le même jour à 14 heures, le Marshall a délivré une autre citation à comparaitre au dit MARDENBOROUGH pour n’avoir pas fait renouveler sa licence l’autorisant à vendre de l’alcool, et ce, en violation de l’ordonnance du 14 juillet 1820.

Le 20 juillet toujours, le Vice-Fiscal rédige un autre rapport avec convocation, et nous allons rentrer rapidement dans le vif de cette sordide histoire.

«  le 18 de ce mois, dans l’après-midi, le servant de police est venu me dire qu’il avait été appelé par Monsieur et Madame MARDENBOROUGH de bonne heure ce jour, pour faire en sorte que leur esclave, l’homme HILAIRE, avoue s’il avait volé des planches appartenant à Monsieur MARDENBOROUGH. Le servant de police a dit qu’il était ensuite allé dans la cour voir le dit HILLAIRE et que celui-ci avait confessé en avoir volé une.

J’ai demandé au sergent de police s’il avait utilisé des manières impropres pour extorquer la confession de l’esclave HILLAIRE, mais celui-ci a nié avec force.

Ayant des raisons de douter des propos du servant de police, j’ai fait une enquête et découvert que Monsieur MARDENBOROUGH avait demandé à James BLAKE de lui faire spécialement un instrument de torture communément appelé « gant de Barbade » et que le dit servant de police avait lui-même utilisé le dit instrument sur HILLAIRE, lui infligeant une agonie si grande, qu’il confessa qu’il avait volé une planche. Immédiatement, Mr MARDENBOROUGH appliqua lui-même encore une fois l’instrument, créant une douleur si vive qu’il explosa en pleurs. Durant tout cet acte de cruauté, l’homme était enchainé par le cou à un poteau de la cuisine.

Après avoir fait mon rapport le matin du 19 juillet au Président et au Juge, je suis allé, accompagné par le Conseiller Monsieur LABASTIDE, à la résidence de Monsieur MARDENBOROUGH, où j’ai vu que l’esclave n’était plus enchainé et que sa main était extrêmement enflée et raidie par la torture. A ma demande, Monsieur MARDENBOROUGH a montré la chaine, et son épouse, l’instrument de torture qui avait d’abord été utilisé par le servant de police, puis, par Monsieur lui-même. Je suis allé faire un rapport au Président, puis j’ai mis le servant de police et l’esclave HILLAIRE en prison.

Je prie donc que Monsieur Thomas MARDENBOROUGH et son épouse, et aussi James BLAKE et le servant de police puisse être présenté à la Cour, et qu’ils soient tous punis selon le chapitre 20, paragraphes 7 et 8 de la section des crimes, et soient condamnés à payer les frais du procès. Je me réserve le droit de faire d’autres demandes en fonction des résultats de mon enquête.

Je demande aussi la présence des témoins suivants : Jeanne CHAPEAU, la femme BIENVENUE, John BRUTUS, Jean AYE et la femme BLANI ??? et Jacques QUESTEL de Salines. »

Les convocations sont distribuées le même jour à 16 heures.

Le 21 juillet, Jean Marie LABASTIDE confirme qu’il a bien vu chez Thomas MARDENBOROUGH, une planche de 20 pieds « celle qu’il nous a dit avoir été volée par son nègre HILAIRE »

Le 22 juillet, le Docteur Abraham ARMSTRONG rédige son rapport ainsi « Je certifie qu’à la demande du Vice-Fiscal Samuel Augustus MATHEWS, le 20 de ce mois, j’ai visité, à la prison de cette ville, l’homme HILLAIRE, propriété de Monsieur Thomas MARDENBOROUGH. J’ai trouvé sa main droite, des doigts au poignet, très enflée, à en empêcher l’utilisation. Il m’a dit que c’était après qu’on ait utilisé sur lui l’instrument de torture appelé «  le gant de Barbade ».

Le 21, j’ai fait une seconde visite et trouvé la main légèrement dégonflée mais la douleur toujours présente. J’ai demandé qu’on lui applique de l’huile camphrée.

A mon humble opinion, l’instrument susmentionné a écrasé sévèrement les vaisseaux sanguins, les nerfs et les tissus, tellement, qu’il va perdre l’usage de sa main pour quelques temps sinon définitivement ».

La facture du Docteur pour la visite et le certificat, se monte à 7.60 Dollars

On trouve la facture pour l’achat de l’huile (alcool ?) camphré par le Docteur ARMSTRONG à Gustave EKERMAN le 21 juillet.

Le 27 juillet, Carl ULRICH écrit son opinion, un trés long document « dans le procès criminel de l’Accusateur Public contre Thomas MARDENBOROUGH et son épouse Celia HALLEY, James DUCK et James BLAKE, pour avoir torturé le nègre esclave HILAIRE appartenant à un des accusés mentionnés.

Je pense, premièrement, en ce qui concerne Madame Celia MARDENBOROUGH, qu’elle a plaidé coupable des charges contre elle d’avoir torturé HILAIRE, mais, qu’elle a donné comme excuse pour sa conduite, qu’elle ne savait pas que c’était interdit par la loi. Elle se tient donc là, condamnée par les preuves, mais aussi par sa propre confession, d’un crime haineux.

Si elle ne savait pas que c’était contre la loi, ne savait-elle donc pas que sa conduite allait contre la Loi Divine, contre les principes de religion et contre la morale ?

Elle est une femme, elle se dit être une dame, son sexe est généralement connu pour avoir plus de cœur, plus de sentiments et d’empathie pour les personnes qui souffrent et sont en détresse, que nous ? Est-ce que certains d’entre les meilleurs sentiments d’humanité, n’auraient pas dû la retenir, bien que HILAIRE soit un mauvais sujet, d’exercer sur lui sa cruauté de sang froid pour lui arracher la confession d’un crime, commis ou non commis ».

« Ce sont des conduites telles que la sienne, ce sont des personnes comme elle, qui sont les raisons principales du tollé soulevé contre les Antilles et les propriétaires d’esclaves en général, qui excitent l’opinion publique contre l’esclavage à un degrés tel, que cela a presque ruiné tous les propriétaires d’esclaves ici, et réduit à presque rien, la valeur de ce type de propriété. Encore quelques cas comme celui-ci, et cette île, où, à quelques exceptions prêt, les esclaves sont mieux traités, je ne dirai pas seulement les esclaves d’ailleurs, mais aussi les libres de couleur, que dans la plupart des îles voisines, et certainement aussi, mieux que la plupart de ceux de la classe des travailleurs dans la plupart des pays d’Europe, et cette île donc, sera bientôt connue pour sa cruauté, et ses habitants seront exécrés par le monde entier, considérés comme des monstres à forme humaine, tout ça donc, par la faute de quelques individus.

Le seul moyen d’empêcher cette infortune, c’est de montrer que cette communauté, généralement, déteste la cruauté dirigée vers ceux qui sont entièrement dépendants de nous, et que le tribunal ne manque pas, en pareils cas, de les protéger.

Les règlements, alors pas moins que la justice, exigent une punition sévère envers ces gens, en tant qu’avertissement pour eux que pour les autres.

Ne laissons pas croire que je ne protégerai qu’une classe contre l’autre !

Ma protection ira aussi aux maitres contre l’insolence, la désobéissance et le manque de respect de leurs servants, et comme dans le cas qui nous occupe, j’appliquerai châtiment sévère. Je ne serai pas non plus, dans d’autres cas, moins strict, ni n’encouragerai de fausses plaintes frivoles contre des maitres.

La loi sera appliquée par moi strictement, avec impartialité, tant vers le haut que vers le bas, riche ou pauvre, et tous, selon leur position, devront respecter les devoirs qui leur incombent.

Dans le cas qui nous occupe, il n’y a pas de circonstances atténuantes, le crime n’a pas été commis dans une pulsion de passion violente. Nous pouvons tous faire des erreurs, une personne peut parfois avoir des raisons morales sinon légales qui peuvent excuser d’avoir agis sans réfléchir, mais ensuite qu’on voudrait n’avoir pas faites et pour lesquelles on éprouve une sincère tristesse, un profond remord.

Rien de tel avec elle ! Cet acte de cruauté a été fait de sang-froid, après l’avoir pensé et eu le temps de la réflexion pendant que l’instrument de torture était fabriqué. Elle n’a pas seulement agit comme organisateur principal du premier acte de torture dans lequel elle a entrainé un homme ignorant qu’elle a totalement détruit et qui doit la remercier pour cette punition qu’il va maintenant subir. Mais ensuite, lorsque son intellect obtus lui a permis de comprendre ou suspecter que la loi, comme il l’a dit, prendrait l’affaire en main, elle a répété l’infliction, jouant elle-même le rôle du tortionnaire, ne prenant pas en compte l’avertissement qu’elle aurait du entendre lorsqu’il a refusé de recommencer la torture.

Mais ce n’était pas le seul avertissement. Elle avait été avertie, je pense, plus d’une fois contre les traitements cruels envers les esclaves.

S’il fallait ajouter à son acte criminel, ce serait sa conduite ensuite. Après avoir tenté d’influencer un témoin, elle a essayé de faire passer le procès pour une vengeance malicieuse de l’accusateur public contre elle et son mari, disant que le témoin répétait des choses qu’on lui avait dites, sans même avance l’ombre d’une preuve ».

ULRICH continue pour expliquer que l’accusateur public aurait pu faire punir Madame MARDENBOROUGH pour ses déclarations, mais qu’il ne sert à rien d’ajouter aux rigueurs de la loi qu’ils vont subir en rapport avec l’affaire principale.

« Elle n’a éprouvé aucune honte, aucune contrition ou regret sur l’immoralité de son crime. Elle a seulement regretté qu’il fût considéré comme illégale et qu’elle puisse être punie pour ça, se disant ignorante.

L’ignorance de la loi n’est pas une excuse pour un crime. Accepter l’ignorance comme une excuse autoriserait tous les crimes, et la Cour de Justice n’aurait plus qu’à proclamer l’impunité !

D’après la loi Suédoise, son crime peut-être considéré comme celui d’avoir brisé la paix que le Roi a juré de garder pour ses sujets, avec une amende de cent Dollars et la perte de l’honneur, comme une mort sociale. Il fût un temps où c’était punissable d’une amende de cent Dollars et d’un an d’emprisonnement, avec, ou sans travaux forcés. Heureusement pour elle, HILAIRE, sans compter la possibilité de la perte de l’usage de sa main, va bien, et sa vie n’est pas en danger.

Mais rien ne nous empêche de décider maintenant du degré de responsabilité qu’elle porte.

Considérant la haine de son crime, la répétition et les peines fixées par la loi, je pense qu’il est extrêmement difficile, sinon impossible, d’appliquer une telle peine dans cette colonie envers des maitres qui infligent de tels traitements. Etant très difficile de mettre une personne en prison un an ici, d’autant plus s’il est question de travaux forcés, … je pense qu’il est juste de condamner Celia MARDENBOROUGH à une amende de deux-cents Dollars ».

« Thomas MARDENBOROUGH a plaidé non coupable et il n’y  pas eu suffisamment de preuves apportées pour la Cour. Qu’il n’ait pas participé directement à l’acte de torture, cela semble prouvé, mais qu’il n’ai pas empêché sa femme pour n’avoir pas eu connaissance de ses intentions ne semble pas clairement établi.

D’une manière générale, on ne peut pas croire qu’une femme puisse agir de la sorte sans l’accord de son mari. Il a été établi clairement, pas sa confession et par des preuves, qu’il n’a pas eu connaissance de la première torture avant l’acte, mais qu’il savait avant la deuxième, car il avait entendu sa femme exiger la deuxième à James DUCK, puis, alors qu’il était assis dans son magasin, il a entendu pendant qu’elle torturait HILAIRE. Il n’y a pas de preuve qu’étant assis dans son magasin, il aurait pu savoir ce qui se passait dans son jardin, mais, après avoir entendu parler de la première torture, et avoir été témoin de la conversation de sa femme avec James DUCK, connaissant son tempérament et ses dispositions, il n’y a aucun doute qu’il est coupable moralement d’avoir su ce qui se passait dans son jardin, et que par son silence, il a tacitement donné son consentement

Toutes ces preuves circonstancielles, selon mon opinion, pèsent plus que la moitié d’une preuve, et je demande en conséquences qu’il soit condamné selon l’ordonnance 29, 17eme chapitre, et qu’il soit libre par serment. Mais la nature de l’accusation étant aussi sérieuse, je préfère le libérer pour faute de preuves, en pensant avec raison, qu’il souffrira de la condamnation de son épouse. Je le déclare libre de l’accusation de torture.

Bien qu’il soit maintenant libre, je ne peux pas appliquer l’ordonnance Rosenstein du 30 juillet 1787 et confisquer l’esclave, les ordonnances anciennes étant devenues obsolètes, nous ne pouvons pas les prendre en compte et devons les considérer comme abrogées.

Je prends la responsabilité ici, comme chef du gouvernement de déclarer que l’esclave HILAIRE ne retournera, en aucun cas, chez ces propriétaires ; qu’il restera en prison ou sera confié à quelqu’un jusqu’à ce qu’on trouvera un moyen de s’en débarrasser. La dépense sera à la charge des MARDENBOROUGH ».

« James DUCK, le servant de police, a plaidé coupable et a déclaré s’en remettre à la pitié du tribunal. Il faudra néanmoins que la justice passe avant la pitié. Il avait été prévenu déjà de ne pas se laisser manipuler par des personnes respectables qui pouvaient lui demander de rattraper des esclaves échappés, de mettre des fauteurs de troubles en prison ou d’arrêter des vagabonds. En aucun cas il ne devait infliger une punition ou de la souffrance, et bien entendu, encore moins la torture à n’importe qui, y compris même, pour extorquer une confession. Il a désobéi en parfaite connaissance de cause, et il a augmenté sa responsabilité en rédigeant un faux rapport à son supérieur, ce qui montre bien qu’il savait ce qu’il avait fait.

Il a tout de même un certain de degrés de circonstances atténuantes, ayant refusé de répéter la torture, l’ayant faite une première fois sous la pression du propriétaire, étant un homme ignorant à qui on avait appris le respect des classes supérieures. Bien sûr, cela ne le dédouane pas d’une condamnation, même si cela devrait, à mon sens, lui éviter une double peine telle qu’établie au chapitre 18, article 9 de la section des crimes ».

« Ne pouvant pas payer les deux-cents Dollars comme Celia MARDENBOROUGH, il sera condamné à vingt-huit jours au pain et à l’eau, et, ayant montré qu’il n’était pas apte à être servant de police, il quittera son poste dés aujourd’hui ».

« En ce qui concerne James BLAKE, accusé d’avoir fabriqué l’instrument de torture, il a plaidé coupable, mais non coupable d’avoir su à quoi servirait l’instrument. Cette deuxième accusation n’ayant pas pu être prouvée, le procureur l’a abandonnée.

Il n’en demeure pas moins redevable, puisqu’il aurait dû demander à quoi cela servirait avant d’accepter le travail, même si l’on peut rester surpris de son ignorance. Prenant en compte l’anxiété et les inconvénients dont il a souffert dans toute cette affaire, je considère que cela suffira comme punition pour lui, et le décharge de sa responsabilité ».

« Pour terminer, chacun des accusés devra payer sa part des coûts de ce procès, en espérant que cette affaire servira d’avertissement et que cela ne se reproduira plus ».

Et le verdict ? Vous voudriez savoir comment on punissait les tortionnaires ? Vous aimeriez savoir à quelle punition exemplaire Celia MARDENBOROUGH été condamnée, et ce que sont devenus son mari et le servant de police ? Et bien voyez plutôt, mais avant, retenez bien qu’en matière de justice à Gustavia, l’opinion du Juge est une opinion, et rien d’autre !

ULRICH envois son rapport #195 au Roi de Suède le 23 Aout 1842. Il commence ainsi :

« Je me suis vu forcé de décharger le servant de police, un nomme James Duck,  par suite d’une affaire portée devant la cour de justice le 22 du mois dernier ».

« Le nommé MARDENBOROUGH ayant un esclave  appelé HILAIRE, d’un mauvais caractère et qui l’avait volé de quelque argent et des planches …et, pensant qu’il avait volé plus, même qu’il n’est pas prouvé la femme en a voulu forcer l’aveu par la torture, l’ayant appliquée elle même une seconde fois sur le refus du servant de police… Il a aussi été enchainé par une chaine de fer…

Je ai ordonné HILAIRE à la geôle pour le soustraire aux cruautés réitérées de ses propriétaires et le mettre en sureté, et d’arrêter aussi le servant de police jusqu’à ce que la cour ait décidé.

Les avis ont été partagés et les membres de la cour ont demandé plusieurs jours de réflexion.

La sentence a été prononcée le 27 du même mois d’après la décision de la majorité des membres élus de la cour de justice.

Messieurs DESLISLE, LAMBERT et PORTELLY se fondant sur l’ordonnance du Gouverneur ROSENSTEIN du 30 juillet 1787 ont dit qu’il fallait confisquer l’esclave sans aucune peine pour la femme de MARDENBOROUGH, et une amende égale au prix de la vente aux enchères du dit esclave ( qui fut d’un doublon).

Pour le servant de police, EKERMAN et moi avons suivi la loi suédoise et avons demandé que les deux coupables soient condamnés à une amende de 200 gourdes ou commutation en emprisonnement au pain et à l’eau.

J’ai toujours taché de ne faire aucune distinction devant la loi entre des libres et des esclaves.

Le jugement qui vient d’être rendu, quoique la punition soit peut-être autrement pas mal proportionnée au délit, renverse ce principe en établissant en force la dite ordonnance de Rosenstein qui paraissait abrogée par le temps et les circonstances actuelles, et donne pouvoir aux maitres d’enchainer leurs esclaves, de les mal traiter et qu’il sera dorénavant difficile pour les autorités de s’y mêler ».

Il termine son rapport ainsi

« Qu’il me soit ici permis aussi de remarquer ici très humblement que les membres élus de la cour s’il sont d’accord entre eux, pourront toujours décider les affaires, que leur responsabilité n’est que nominale et que même s’ils ne seront jamais influences par des motifs d’intérêt de classes, qu’ils sont généralement ignorants des choses de la loi, tandis que le juge qui est seul sensé de connaître les lois n’a qu’un vote, même en des cas criminels et pas même le vote décisif et il est cependant presque le seul responsable des décisions de la cour ».

Autres temps, autres mœurs, mais il est quand même bien difficile de comprendre et d’accepter !

James DUCK, rien d’autre sur lui en dehors de ce qui figure dans le livre Who Was Who : esclave acheté par la couronne Suédoise en 1815 pour 255 Piastres Espagnoles pour être servant de police et porteur d’eau pour la garnison. Il reçu 4 Piastres en tant que bourreau pour la pendaison du sergent Gunnar ANDERSSON le 30 juillet 1821. Mentionné dans un rapport du Gouverneur NORDERLING « probablement le seul esclave ayant appartenu à Votre Majesté. Il racheta sa liberté le 15 octobre 1821, mais resta servant de police.

Cecilia HALLEY            est née sur l’île de Saint-Martin en octobre 1803. Elle épouse le 16 décembre 1820 à Gustavia, un William Matthew RUSSELL, un marin né à Londres en juin 1796. Il semble que son premier mari ait disparu, car vers la fin des années 1820, Celia est avec Thomas MARDENBOROUGH. Celui-ci est né à Gustavia vers 1804, fils d’un Thomas MARDENBOROUGH , un capitaine de navire originaire de Saba. Ils auront au moins 5 enfants dont un, William Henry, semble-t-il, qui se marie à Liverpool après avoir eu au moins deux filles avec deux autres femmes.Thomas décède peu après le procès, en novembre 1842, et Celia, en juillet 1848.



Catégories :blake, EKERMAN, esclavage, halley, mardenborough, SAPENNE DELISLE, SLAVERY, Uncategorized

2 réponses

  1. Have you seen any trace of Hilaire after this debacle? Did he survive to be freed?

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  1. L’esclave HILAIRE et le « Gant de Barbade » – when a slave meets the infamous Barbados glove. — The Saint-Barth Islander | Mon site officiel / My official website

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