A mes ancêtres Alsaciens optants

Comme finale à la grande guerre perdue contre la Prusse qu’avait voulu Napoléon III, le traité de Francfort signé le 10 mai 1871, frappe non seulement la France, mais sonne le glas de l’Alsace et de la Lorraine Française.

Les habitants ont le droit de garder la nationalité Française, à condition qu’ils quittent leurs biens, leurs familles et leurs amis avant le 1er octobre 1872.

Mon bisaïeul, François Antoine GANGLOFF est né à Haguenau en Alsace en 1831. Ayant de nombreux frères aînés, il fut obligé de trouver une autre activité que celle de sa famille de cultivateur – meunier.

Avait-il le goût de l’aventure et des voyages ? Depuis 1832 un service militaire de 7 ans avait été mis en place en France. Selon les besoins en hommes on effectuait chaque année, parmi les jeunes âgés de 18 ans dans chaque village du pays, un tirage au sort. Si on avait de la chance, on tirait un” bon” numéro, vous dispensant de ce très long service militaire. François Antoine eut la main heureuse, mais, poussé par ses frères plus âgés que lui, il décida de vendre son ”bon” numéro. C’était alors une pratique courante, car les jeunes hommes mal tombés, mais plus fortunés pouvaient ainsi échapper à la corvée militaire ! Comme François Antoine était célibataire, il n’hésita pas, et s’engagea pour sept ans. Il empocha donc une petite somme et ….le voilà donc, en 1853, parti pour 7 années de service militaire.

Notre Alsacien est incorporé dans la “marine impériale”, puisque nous sommes pendant le règne de l’empereur Napoléon III. D’après ses états de services, difficiles à lire, il est d’abord envoyé à Brest en 1853, où il est apprenti mousse, puis en Août 1855, il est promu matelot de 3 ° Classe.

François Antoine participa à la guerre de Crimée en Mer Noire, contre l’expansionnisme Russe. Il est matelot de troisième classe, sur le vaisseau « Le Trident ». Ce navire était une Frégate, bien entendu à voiles, d’une longueur de 54 m, avec un peu plus de 500 hommes à bord.

La guerre de Crimée (1853- 1856) permet à Napoléon III de s’imposer comme élément majeur dans la politique européenne. Puis François Antoine GANGLOFF embraye directement sur l’expédition de la mer Baltique, sur “L’uranie” en 1855.

Médaille de l’expedition de Crimée

Sur ces deux périodes assez peu de renseignements propres à notre ancêtre, sauf qu’il a fait naufrage ….selon ce que racontait sa femme, bien plus tard. Mais où ? Et quand ? D’après les archives de la Marine les deux Frégates, le Trident et l’Uranie, sur lesquelles François Antoine a servi successivement, ont peut-être fait naufrage, mais ces deux navires ont continué encore d’être utilisés, les vaisseaux n’ont donc pas sombré, lors de cet hypothétique naufrage.

Après sept années de bons et loyaux services dans la marine, François Antoine revient à Haguenau en 1860. Hélas, il constate que ses frères ont dilapidé le pécule reçu pour avoir cédé son bon numéro, pensant que de toutes façons il ne reviendrait pas de la guerre !

Médaille de l’expedition de la Baltique

A ce moment, il a environ 28 ans. Dégoûté sans doute, il reprend un engagement de 7 ans, apparemment, toujours dans la marine impériale. En tout cas lorsqu’il quitte la marine, il reçoit un certificat de bonne conduite, précisant qu’il a toujours servi avec fidélité. Il a été démobilisé à Toulon.

Il rentre en Alsace en 1867 où il est alors recruté comme douanier, eut égard à ses 14 ans de service dans la marine sans doute. Il semble avoir été en poste sur le Rhin à Fort Louis.

En 1869, François Antoine épouse Anne-Marie DIETENBECK , du petit village de Schleithal, situé à 5 km de Wissembourg, tout au nord, tout à l’Est de l’Alsace. A ce moment François Antoine a 38 ans et Anne-Marie seulement 23 ans et ils habitent à Fort Louis, petite ville située à 17 km à l’est de Haguenau, sur le RHIN. La forteresse de Vauban est même précisément sur une île, entre deux bras du RHIN, alors encore frontière entre les deux pays.

Alors évidement on est aux avants postes lorsque en 1870 arrive une invasion Allemande ! Wissembourg, Schleithal, Fort Louis, tout disparait sous les premières vagues du Tsunami Prussien.

François Antoine GANGLOFF et Anne-Marie DIETENBECK sont des optant, c’est à dire qu’ils optent pour la nationalité Française,  dès le mois de juin 1872, puis ils partent tous les deux pour la France de l’intérieur comme on dit en Alsace en parlant des autres qui habitent outre Vosges !

Enfin, pas trop loin quand même … mon ancêtre est nommé au poste frontière nouvellement créé à Blamont, en pleine terres de Lorraine, à près de 100 km à l’Ouest du Rhin !

François Antoine GANGLOFF recevra deux médailles instituées par la Reine Victoria du Royaume-Uni, la médaille de la Baltique, et la médaille de Crimée.

Il n’aura heureusement pas le temps de voir les Allemands repasser en 14.



Catégories :Uncategorized

2 réponses

  1. A brave man. I can’t imagine what he must have felt in 1860 when he realized his capital was spent; but he carried on!

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  2. Toute une époque…

    Aimé par 1 personne

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