Le mariage de Saint-Preux DUZANT, le Curé et le Gouverneur

Le 30 avril 1861, Saint Preux DUZANT écrit une pétition au Gouverneur ULRICH.

« Que, étant engagé pour se marier avec la demoiselle Emelie MORON, le consentement de l’un et de l’autre, les parties furent chez Mr le Curé LECOUTURIER pour faire crier leurs bans de mariage que Mr le Curé LECOUTURIER a consenti sans aucune objection, et que les dits bans de mariage furent publié trois dimanche consécutivement, notamment, le 31 mars, le 7 et le 14 du mois présent.

Le soussigné Saint Preux, après les bans publiés allait chez Mr le Curé LECOUTURIER pour remplir les devoirs nécessaires selon sa religion avant de se marier. Le dit Mr le Curé LECOUTURIER a fait  des questions au soussigné. St Preux DUZANT, le soussigné s’est trouvé gêné aux questions qu’il lui a fait, puis, a prié Mr le Curé de le confesser et de le marié, en lui promettant qu’après son mariage il ferait tout son possible d’apprendre ce qu’il désire. Monsieur le Curé s’est refusé de le confesser et de le marier.

Les soussigné St Preux DUZANT et demoiselle Emelie MORON, voyant leurs trois bans publiés sans aucun empêchement quelconque, les soussignés ayant fait tous leurs préparatifs pour le mariage, ils ne sont pas d’accord avec Monsieur le Curé d’envoyer leur mariage pour un temps indéfini, alors ils viennent supplier votre Excellence de les marier civilement en attendant cette faveur de vous, son Excellence … ».

FSB 294 – marques ordinaires de Saint-Preux DUZANT et d’Emelie MORON

Le Gouverneur ayant reçu le courrier de Mr DUZANT le même jour, envois aussitôt un courrier au Curé. On peut noter ici que, des documents envoyés par le Gouverneur, nous n’avons que des brouillons, avec de nombreuses ratures et une écriture difficile à déchiffrer. Les réponses du curé sont des documents originaux.

«  Monsieur le Curé,

La pétition ci-incluse pour un mariage civil m’ayant été présentée ce jour d’hui, j’ai l’honneur de vous en donner communication, vous priant de vouloir bien, en me rendant la requête, me faire en même temps le plutôt possible, connaître si les faits y allégués sont vrais, et, dans ce cas, quelles sont vos raisons pour refuser de marier les requérants après avoir vous même publié leurs bans,

J’ai l’honneur d’être, Monsieur le Curé, votre très obéissant serviteur,

Le Gouverneur »

FSB 294 un des brouillons du Gouverneur

Dès le lendemain, le Curé envoie sa réponse au Gouverneur. Passons l’introduction.

« Monsieur le Gouverneur, les faits allégués dans la pétition dont vous me parlez sont, les uns vrais, et les autres faux.

Ce qu’il y a de vrai, c’est que j’ai publié les bans de Mr DUZANT et de Mlle MORON, que j’ai interrogé Mr DUZANT sur sa religion, et l’ai trouvé dans une ignorance crasse que j’ai refusé de confesser et de marier présentement le susdit  Mr.

Ce qu’il y a de faux dans cette pétition, c’est que j’aie consenti sans aucune objection à publier les bans de Mr DUZANT et de Mlle MORON, que j’ai refusé de les marier sans qu’il y ait d’empêchement à leur mariage. Enfin, ce qu’il y a encore de faux, c’est que j’ai voulu renvoyer à un temps indéfini le mariage.

Voilà, Monsieur le Gouverneur, l’exposé pur et simple du vrai et du faux des faits allégués dans la pétition de Mr DUZANT et de Mlle MORON.

Monsieur le Gouverneur, quant aux raisons pour lesquelles j’ai refusé de marier présentement les parties qui nous occupent, si ces raisons étaient de l’ordre civil, je m’empresserais, sur le champ, de vous les faire connaître, car je reconnais en la personne de votre Excellence, le digne représentant du Roi auquel je me soumets, sous ce rapport, très humblement, et avec le plus profond respect. Mais ces raisons sont de l’ordre spirituelles, et, en matière spirituelle, je ne puis rendre compte qu’à mes supérieurs ecclésiastiques des motifs qui, en dehors du tribunal sacré de la pénitence, me forcent de différer l’administration d’un sacrement à un de mes paroissiens. Cependant, Monsieur le Gouverneur, comme je suis très désireux de vous faire plaisir, si votre Excellence tient absolument à connaître ces raisons, je la prie d’avoir la bonté de me le faire savoir, et alors, je m’adresserai à mon Evêque, et si Sa Grandeur ne trouve pas d’inconvénient à ce que je vous révèle les empêchements dont il s’agit, je m’empresserai de vous les révéler,

            Agréez, s’il vous plait, Monsieur le Gouverneur, le profond respect avec lequel j’ai l’honneur d’être,

            De votre Excellence, le très humble serviteur »

FSB 294 – signature du curé LECOUTURIER

On ne manquera pas de noter le ton un peu particulier utilisé par le Curé dans sa réponse au Gouverneur, le style ampoulé ne masquant pas le sarcasme, la défiance même.

Il semble que la guerre soit déclarée entre le Curé LECOUTURIER et le Gouverneur ULRICH.

En effet, le 21 mai, le Gouverneur envoie une nouvelle lettre :

«  Monsieur le Curé, il m’a été rapporté, quoique pas officiellement, que vous avez refusé ou menacé de refuser les consolations de la religion, non seulement à ceux de vos paroissiens qui ont eu le malheur d’encourir votre déplaisir pour des actes tout à fait hors de l’ordre spirituel, mais encore à leurs familles ou parents, que vous leur ordonnez, sous peine d’un tel refus ou en cas de désobéissance, de résider en tel endroit, les prohibez de venir en ville travailler ou prendre service ».

Le 23 du même mois, le Curé envoie sa réponse :

« Monsieur le Gouverneur, j’ai eu l’honneur de recevoir votre lettre d’hier dans laquelle vous m’annoncez que des bruits que vous avez la bonté de me signaler courent sur moi, et, étant de nature à me faire tort dans l’opinion publique.

Vous croyez de votre devoir de m’en faire part, afin que je puisse les contredire.

Monsieur le Gouverneur, je remercie infiniment votre Excellence de l’extrême bienveillance qui l’a porté à m’adresser cette lettre dans le but de favoriser ma réputation, mais, comme vous me dites que les rapports et les bruits dont vous me parlez ne reposent en aucun fondement officiel, je crois que le mieux que j’ai à faire à leur sujet, est de ne pas y faire attention, et de pardonner sincèrement comme je l’ai toujours fait à ceux qui peuvent avoir l’intention de me causer quelque déplaisir,

J’ai l’honneur d’être,

Monsieur le Gouverneur,

De Votre Excellence,

Le très humble serviteur. »

Le torchon brûle, Monsieur le curé se moque ouvertement du Gouverneur cette fois !

Le jour même, sans doute ulcéré, le Gouverneur répond.

« Monsieur le Curé,

J’ai été étonné des rapports et bruits dont fait mention ma lettre du 21 courant,

J’ai été plus étonné encore de votre réponse à cette lettre.

Désormais, aucun procédé de votre part ne m’étonnera plus.

Désireux de connaître en premier lieu si votre conduite et l’attitude que vous avez jugé convenable de prendre, tant visa à vis du Gouvernement sous la juridiction duquel vous résidez, qu’envers vos paroissiens, sont approuvées par vos supérieurs ecclésiastiques, j’ai l’intention d’écrire à ce sujet à Monseigneur l’Evêque de Basse-Terre,  dont j’ai voulu vous avertir d’avance ».

Le lendemain, le Curé répond au Gouverneur pour lui dire qu’il le remercie « d’avoir eu la bonté de me faire connaître l’intention … ».

FSB 294 – 1ere page du brouillon de la lettre envoyée au Vicaire

Le 25 mai 1861, le Gouverneur écrit à l’évêché de Basse-Terre. Le courrier est adressé à Monseigneur BELLAUNAY, Vicaire-Général du Diocèse, Basse-Terre. C’est une très longue lettre qui montre bien le difficile exercice de maintenir en équilibre la société sur une petite île comme la nôtre ; un Gouverneur Suédois, Luthérien qui s’adresse en Français à un responsable de l’Eglise Catholique Romaine dépendant d’une autre autorité coloniale, la France, en Guadeloupe. Le courrier est particulièrement violent contre le curé, le Gouverneur ne mâche pas ses mots dans ses accusations :

« Monseigneur,

Tout en regrettant la cause qui me porte à m’adresser à votre Grandeur, je me félicite d’avoir à me communiquer à ce sujet avec un ecclésiastique aussi éclairé dont j’ai eu l’avantage de faire la connaissance personnelle, qui me connaît depuis plusieurs ans, qui connaît cette île et ces habitants, qui connaît la conduite qu’a toujours tenu le Gouvernement local envers les Ministres de la Religion Romaine Catholique et Apostolique, la bienveillance qu’il a toujours accordée à tout digne ecclésiastique de ce culte, reconnue et signalée du reste par Monseigneur FORCADE dans ses lettres.

Il y a déjà longtemps, Monseigneur, qu’on se plaint à la campagne de son curé, Mr l’Abbé LECOUTURIER. Ce prêtre, dit-on, tyrannise trop les habitants. Il veut leur imposer un joug insupportable, cherche à s’ériger en maitre absolu et irresponsable de leurs actions, leur ordonne où il faut résider, les empêche de venir en ville travailler, tout en les menaçant des foudres de l’Eglise s’ils s’y opposent.

Reconnaissant chez cet ecclésiastique beaucoup de mérites autrement, une grande persévérance, une ferme volonté, une énergie remarquable, je n’ai pas au commencement fait beaucoup d’attention à ces plaintes qui n’on pas non plus été portées devant moi directement, tant on craignait ce curé.

J’en ai eu connaissance indirectement et c’était une autre raison pour paraître les ignorer. Cependant, les plaintes continuaient toujours, et se multipliaient d’un jour à l’autre, de manière que je commençais à craindre des suites fâcheuses, et, voulant éviter le plus longtemps possible de m’y mêler, j’étais pourtant assez indécis jusqu’où mon devoir de veiller au maintien du bon ordre et de la tranquillité me permettrait de rester tout à fait inactif, lorsqu’on est venu se plaindre officiellement, quoique en premier lieu verbalement, du refus de ce curé de marier deux jeunes personnes dont il aurait lui même publié les bans, sans empêchement, me demandant en même temps, de les marier civilement.

Le mariage étant chez nous un acte religieux, indissolublement joint à l’acte civil, la loi Suédoise ne connaît pas le mariage civil pur, mais, par suite de représentation du Colonel HAASUM, dans le temps, Commandant de l’île, sa Majesté a daigné permettre, par une dépêche gracieuse du 18 mai 1838, que la loi Française, quant aux mariages, soit appliquée à Saint-Barthélemy par le Commandant, avec le conseil, dans tous les cas qui paraitraient l’exiger et où il sera demandé par les parties.

Vu mon refus d’agir sur les plaintes verbales, on m’a présenté une pétition démontrant assez l’ignorance et la confusion des idées de la population de la campagne, dont l’écrivain, le père du requérant, DUZANT, est considéré comme un des hommes le mieux élevé de la campagne. Les parties contractantes le demandant, c’était mon devoir de m’informer, et, si le cas l’exigeait, de soumettre l’affaire au Conseil, et, dans cette vue, j’ai adressé une lettre officielle au curé susdit pour savoir si les faits allégués étaient vrais, et, dans ce cas, ses raisons pour refuser de les marier.

J’ai reçu une réponse me faisant assez clairement, quoique poliment, entendre que cette affaire ne regardait pas le Gouvernement. Etant moi même d’une opinion tout à fait contraire, puisqu’il ne peut guère être hors de la compétence de l’autorité civile de connaître l’acte civil qui entre dans le mariage. J’ai soumis l’affaire au Conseil, qui unanimement trouvé que la réponse du curé n’était pas du tout satisfaisante, et a par conséquence accordé l’application de la loi Française au cas présent, qui paraissait au Conseil, l’exiger.

Les parties en ayant été averties, le père de la fille est venu me dite qu’il ne pouvait pas y consentir, puisque l’Abbé LECOUTURIER l’avait extrêmement terrifié en le menaçant de l’excommunication, et que, même en cas de mort, il serait privé des sacrements et de sépulture !

Est-ce qu’un prêtre oserait agir ainsi en France ou dans une colonie Française ?

Est-ce qu’il ne pourrait faire là, devrait-il bien se permettre de le faire ici ?

La tendance de tous ces procédés du curé est à l’immoralité puisque les parties vivent maintenant ensemble, en concubinage, en contradiction, en même temps à la loi morale et civile, ce que ce curé paraît préférer.

Il n’était question que d’un acte civil. Quel droit avait le curé de s’y mêler ?

Pensant qu’il pourrait cependant y avoir une possibilité d’un mal entendu, je n’ai voulu rien dire de plus directement à ce sujet, mais, désirant de connaître si Mr LECOUTURIER reconnaissait la vérité des graves charges contre lui, et jusqu’à quel point il se croirait justifié, je lui ai envoyé une contre-lettre.

Quelle a été sa réponse ?

Il n’admet rien, il ne nie rien, il ne justifie rien, avec une morgue suprême, un dédain marqué, en persiflage mal placé, il refuse toute explication, il met au défi en même temps le Gouverneur, et l’opinion publique.

Est-il donc réellement le maitre absolu infaillible et irresponsable de toute la colonie ?

Ce curé qui voudrait s’approprier l’attribut Divin de punir les enfants pour les crimes des parents ? Mais tant de réflexions se présentent d’elles mêmes sur la conduite de ce prêtre, que ce serait douter du bon sens de Votre Grandeur, de poursuivre ce sujet.

Bien sûr que le Roi mon auguste maitre ne permettra jamais que ses sujets soient terrassés et tyrannisés d’une telle manière par qui que ce soit.

J’ai cependant cru que nous pouvons espérer devoir en premier lieu vous en donner connaissance, Monseigneur, dans la ferme conviction que vous ne pouvez pas approuver la conduite de Mr le Curé LECOUTURIER, mais, n’ayant voulu le faire à son insu, je l’en ai averti par lettre pour lui laisser la faculté d’envoyer en même temps ses explications, et j’ai reçu en réponse la lettre qui finit notre correspondance.

Monseigneur,

J’ai déjà trop longtemps occupé l’attention de votre Grandeur à ce sujet, et je n’ai rien à ajoute, excepté que, quoique je ne pourrai pas garantir la véracité de toutes les plaintes portées contre Mr le Curé LECOUTURIER, j’ai cependant en ce moment, toute raison d’y croire, et je sais qu’il a en partie réussi d’établir à la campagne un règne de terreur, qu’il s’est fait redouter, même haïr, peu respecté et pas du tout aimer,

Agréez, je vous prie l’assurance de la haute considération avec laquelle j’ai l’honneur d’être,

Monseigneur,

de votre Grandeur,

le très humble et très obéissant serviteur,

Le Gouverneur »

Photo BORADORI – vue de l’église de Lorient

Nous n’avons pas la réponse du Vicaire Général du Diocèse, mais la réponse du Gouverneur ULRICH à ce courrier en date du 14 juin :

« Monseigneur,

J’ai l’honneur d’accuser réception d’une lettre de Votre Grandeur du 7 courant en réponse à la mienne du 25 mai dernier, concernant Mr le curé de L’orient.

En remerciant Votre Grandeur de la prompte attention qu’elle a bien voulu donner à ma communication susdite, et de la manière dont elle l’a reçue.

Permettez moi de vous assurer, Monseigneur, du grand plaisir que je sentirai en oubliant la conduite passée de ce curé s’il voudra bien, comme il doit le faire, suivre vos préceptes et avis pour l’avenir… »

Le Gouverneur ULLRICH, sans doute grâce à ses excellentes relations avec les autorités ecclésiastiques de la Guadeloupe (on peut le lire dans d’autres courriers), a gagné son bras de fer avec le Curé LECOUTURIER.

L’affaire Saint-Preux DUZANT est classée, et dès le 20 juin, le mariage est célébré à l’église de Lorient  par le Curé LECOUTURIER, avec la mention « consanguinité simple au quatrième degré en ligne collatérale ».

Cependant, le 8 avril 1862, Charles MORON, habitant de la paroisse de l’Orient, envois à son tour une pétition au Gouverneur.

« Il désire contracter mariage avec la demoiselle Anne ABBOTT demeurant chez son père, le sieur James ABBOTT, habitant du quartier de l’Orient.

Qu’il est agrée par la susdite demoiselle Anne ABBOTT, qui, elle, est autorisée par le consentement de son père le sieur James ABBOTT susdit,

Que lui soussigné a en outre aussi obtenu le consentement du sieur James ABBOTT susnommé pour contracter le mariage susmentionné,

Que le soussigné a atteint l’âge de 25 ans révolus, que de toute sa famille, son père, seul, s’est opposé et s’oppose encore à son mariage,

Qu’il a déjà fait à ses parents trois sommations respectueuses, les suppliants de consentir à, et d’approuver son projet,

Que la dernière sommation a été faite par l’intermédiaire de Monsieur Joseph BERNIER,  Capitaine du quartier du Vent de l’île,

Qu’il a été répondu au dit Joseph BERNIER par le sieur Jean Baptiste MORON père du soussigné « Que le mariage pourrait se faire, mais qu’il n’y apporterait pas sa sanction ».

Que le soussigné, en raison de cette réponse, est allé trouver le curé de sa paroisse pour demander la publication des bans exigés par la loi, que le susdit prêtre n’a pas cru devoir assumer la responsabilité de cette publication, au défaut du consentement du père du soussigné, sans l’ordre exprès de Monsieur le Gouverneur,

En conséquence, le soussigné supplie respectueusement Votre Excellence en raison de ce qui précède, et vu qu’il n’y a aucune opposition légale à arguer dans le cas, d’ordonner dans sa paroisse la publication des bans du soussigné,

C’est Justice,

Charles MORON »

FSB 294 – signature de Charles MORON

Le Gouverneur reçoit le courrier et écrit le même jour «  Sera communiqué la présente pétition à Mr le Curé de l’Orient pour s’expliquer la dessus, ou donner les raisons de son refus, la loi Suédoise n’exigeant aucun consentement des parents au mariage de l’homme majeur d’âge ».

On notera qu’on passe, dans un cas, à l’application de la loi Française, et dans l’autre, à celle de la loi Suédoise.

Il n’y a pas d’autre information sur ce cas, mais l’affaire semble se résoudre rapidement cette fois, Charles et Anne étant mariés le 2 mai.

Avant de passer à la partie généalogique, on pourra noter, non sans sourire, que le 14 février 1868, le Gouverneur répond à un courrier de l’Evêque de Basse-Terre qui lui annonçait le retour du curé LECOUTURIER qui avait quitté l’île en 1864 : « j’ai l’honneur d’accuser la réception de votre lettre du 12 courant m’annonçant la nomination de Mr l’Abbé LECOUTURIER de nouveau comme curé de l’Orient, et je ne doute pas qu’il ne soit le plus capable de conduire à la fin l’œuvre si bien commencée par lui, à laquelle il paraît prendre tant d’intérêt, ni d’après l’explication que nous avons eu, qu’il y aura toujours une bonne entente et des relations amicales entre nous ».

GÉNÉALOGIE

Saint-Preux DUZANT est le fils de François Jean Marie DUZANT et d’Alexandrine BERNIER. François DUZANT semble savoir lire et écrire, il est riche, et possède même un cheval, ce qui lui permet d’être incorporé dans les Dragon de la milice.

Saint-Preux est né vers 1837 au  quartier de Marigot à Saint-Barthélemy. Le 20 juin 1861 donc, il épouse Emelie MORON née à Lorient vers 1840, fille de Jean Baptiste MORON dit Constantin, et d’Elisabeth LAPLACE. Ils auront quatre enfants d’où descendance par Anastasie, née en 1862 qui aura également quatre enfants en tant que mère célibataire.

On peut aussi noter que c’est par des frères et soeurs de Saint-Preux que le nom DUZANT viendra s’installer au quartier du Public.

Charles MORON dit Numa, est un frère d’Emelie. Il est né à Lorient le 17 octobre 1834 et il épouse Anne Martine ABBOTT, donc, le 2 mai 1862.

A l’origine, la famille ABBOTT est installée à Gustavia, ils semblent arriver de Saint-Kitts et Saint-Eustache.

James ABBOTT, le père de Anne Martine, marchand à Gustavia et propriétaire à Lorient, a eu 8 enfants avec une femme de couleur, Jeannette MARTIN QUESTEL née à la Saline (dont la mère est une esclave affranchie). Est-ce que c’est la raison du refus du père de Charles d’approuver le mariage ? James ABBOTT aura ensuite quatre enfants avec Louise Evelina JAILLE dite Clémentine.

Anne Martine ABBOTT est une cousine, entre autres, de Julie Anne Frances ABBOTT, épouse de Richard Burton DINZEY, de Malvina Augusta ABBOTT, épouse de George Wilhelm NETHERWOOD, mais aussi de Louisa Albertina PLAGEMANN, l’épouse du Gouverneur !

Pour faire un petit aparté, on pourra noter que François Jean Marie DUZANT, James ABBOTT, et Parfait JAILLE sont tous les trois dans le Corps des Dragons de la milice du Vent en 1831.

L’Abbé Eugène LECOUTURIER est né en France en 1829. Il devient prêtre en 1856, et arrive en Guadeloupe en 1857. Il sera en poste à Sainte-Anne, Pointe-Noire, Terre-de-Haut, Vieux-Habitant et deux fois à L’orient.

Dès son arrivée sur notre île en 1857, dans la paroisse de l’Orient, il construit le presbytère et commence la construction d’une nouvelle église en dur, pour remplacer l’ancienne qui était en bois. Il semble que la construction de cette église ait été très importante pour lui, se démenant jusqu’en 1871 pour en venir à bout, et participant de ses deniers personnels. La nouvelle église reçoit sa bénédiction le 3 décembre 1871. Nommé Chanoine en 1874, il démissionne de son poste en 1886 pour cause de maladie.

Fredrik Carl ULRICH est arrivé à Saint-Barthélemy au début de l’année 1831 en tant que notaire du Conseil et notaire public, après différents postes occupés dans l’administration Suédoise, il remplace officiellement le Colonel HAASUM au poste de Gouverneur le 14 décembre 1860. Il décède à Saint-Barthélemy le 11 aout 1868 et est remplacé par son frère Bror Ludvig.



Catégories :ABBOTT, DINZEY, DUZANT, JAILLE, LORIENT, MORON, NETHERWOOD, Uncategorized

1 réponse

  1. Merci Jerome – des arabesques de politesse. On peut remarquer que plus ça change …

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