Le Capitaine François DALCHÉ

Le 11 avril 1795 à Gustavia, devant le juge et notaire Jean NORDERLING, « le Sieur François DALCHÉ , fils majeur et légitime des défunts Antoine DALCHÉ et Anne TREMOLET de la ville Agen en Languedoc, d’un côté,

            Et la Demoiselle Marianne MAGRAS, fille majeure de Sieur Jean François MAGRAS et de son épouse Rosalie GRÉAUX, stipulant pour leur dite fille, et avec son consentement, de l’autre côté

            On reconnu avoir contrat et stipulé entre eux le contrat de mariage et convention qui suivent, savoir :

            Qu’ils promettent se prendre l’un l’autre par nom et loi de mariage, et icelui faire célébrer en face de la Sainte Eglise, le plutôt que faire se pourra, et sitôt que l’un en requerra l’autre … ».

            En dehors de François DALCHÉ et de ses deux témoins, Jean Louis CERGE et François LÉDÉE, personne ne sait signer.

Deux jours plus tard, le 13 avril 1795, après une seule publication des bans ayant eu une dispense pour les deux autres, on donne « la bénédiction nuptiale à François DALCHET, fils majeur de défunt Antoine D’ALCHET et de défunte Anne TREMOULET, ses père et mère de la paroisse Saint-Etienne Ville DANGIEN de droit et de celle de St Barthelemy de fait d’une part, et Marie Anne MAGRAS, fille de François MAGRAS et de Rozalie GRÉAUX ses père et mère de cette île St Barthelemy d’autre part.

La célébration est faite en présence de Jean VENTRE, Joseph QUESTEL et Louis ANQUETIL ».

On remarquera dans un premier temps, que le patronyme de François ne s’écrit pas de la même façon à chaque fois. Dans la marge de l’acte de mariage religieux, le nom est écrit DARCHET par exemple. En fait, on retrouve ce nom avec des orthographes et des prononciations différentes selon les actes, allant de DALCHÉ, DALCHET, D’ALCHÉ, DARQUIER, DARCHET, et même LARCHER ou LARCHÉ ! Nous prendrons donc en compte l’orthographe de sa signature, à savoir DALCHE, avec, je pense, un accent sur le E.

On remarquera que le curé n’écrit pas correctement le nom de la ville d’origine de François : DANGIEN au lieu d’AGEN.

Je n’ai pas réussi à trouver le baptême de François DALCHÉ pour l’instant bien qu’il y ait beaucoup de DALCHER, DALCHÉ, DARQUIÉ sur Agen et les villages voisins.

François DALCHÉ et son épouse Marianne MAGRAS auront trois enfants, trois filles. Cela explique la disparition immédiate du nom sur notre île.

1-Marie Anne, née vers 1794 épouse Thomas QUESTEL vers 1817. Thomas est né au quartier du Colombier le 11 janvier 1793, fils de Thomas et Marie Magdelaine QUESTEL. Ils auront quatre enfants et dix petits enfants sous QUESTEL et BLANCHARD.

2-Rose ou Anne Rose, née en mars 1799 au Colombier, épousera Louis LÉDÉE le 30 mai 1815. Il est le fils de François LÉDÉE (natif de Lorient) et de Brigitte MAGRAS (Colombier). Ils auront quatre enfants et dix petits enfants sous QUESTEL, DANET, MAGRAS.

3-Anne ou Jeanne Rose, née le 13 aout 1806, au Colombier, épousera Pierre Jean Jacques QUESTEL dit « Zamie », né au Colombier, fils de Jacques QUESTEL dit « Bonhomme » et de Suzanne OLIVE. Ils auront cinq enfants et vingt-quatre petits enfants sous GRÉAUX, SERGE, MAGRAS, DANET et QUESTEL.

Avec un total de quarante-quatre petits enfants, on imagine bien la descendance que François DALCHÉ peut avoir encore aujourd’hui.

D’autant qu’il reste le cas de Marie Françoise, née vers 1802 à l’Anse des Flamands. Il faut jongler un peu pour remonter le fil. Je n’ai pas trouvé son baptême.

Marie Françoise aura au moins deux enfants avec un William ISRAËL. Eliza, née vers 1816 et décédée en 1818, de couleur libre, et Mary Frances, née en juillet 1820, qui semble épouser un John SIMMONS. Elle sera institutrice à Gustavia. Sans descendance connue.

Marie Françoise aura, vers 1824, un enfant naturel de père inconnu, qui portera le nom de John William CUVILJE. Il sera domestique pour le Gouverneur. Il est aussi musicien (violoniste). Il aura au moins douze enfants de trois femmes différentes. Il y a descendance à Gustavia de nos jours, par sa fille Marie Antoinette CUVILJE qui épousera William James DINZEY en 1877.

C’est grâce à son mariage avec Louis LATUITE à Gustavia le 28 novembre 1850, qu’on a quelques informations sur elle. Marie Françoise est dite « Mademoiselle Françoise DARCHET de demoiselle Catherine GRÉAUX décédée ». Louis LATUITE est né à Saint-Pierre en Martinique et il est orfèvre. Ils auront un fils, Fréderic LATUITE en 1851, mais pas de descendance connue.

Sur l’acte de décès de Marie Françoise elle est dite « fille naturelle de feu François LARCHET et de feue dame Marthe Catiche ». Je pense que Marie Françoise est une fille illégitime de François DALCHÉ et d’une femme de couleur libre. Marie-Françoise n’est pas reconnue car elle ne figure pas sur la succession de son père en 1806.

LA SUCCESSION

La succession a lieu le vingt-six octobre 1813. Il est indiqué que François DALCHÉ est décédé le 16 décembre 1806.

« Sur le requis de la dame Marie Anne MAGRAS, veuve François DALCHÉ, et du sieur Jean Baptiste MAGRAS au nom et comme subrogé tuteur des mineures, Marie Anne, Rose et Anne DALCHÉ toutes trois filles issues du mariage ».

Les témoins sont « Jean Louis L’ORANGE, François MAYER avec l’assistance de sieurs Robert GRÉAUX, Damas BERNIER et Marc Alexis BERNIER, habitants de cette île et y demeurant, appelés et requis comme amiables compositeurs des lots ».

On peut noter que l’inventaire date du 6 aout 1807.

Le parage est fait au quartier du Colombier dans la maison de Jean François MAGRAS, le père de Marie Anne, grand-père des trois enfants.

Terrains           Il n’y a aucune précision, mais on sait par ailleurs qu’il y en a un situé à « l’Oignon » et l’autre à « La terre longue »

1 terrain appartenant en propre à Marie Anne pour lui avoir été donné par ses père et mère en 1803.

                        1 autre terrain appartenant à la communauté de biens

                        1 maison

Esclaves          Il y en avait sept, tant adultes qu’enfants sur l’inventaire, mais entre temps, la négresse Thérèse a été vendue, le négrillon Toussaint aussi. Une petite négrillonne, Jeanne, alors âgée de treize mois est décédée depuis.

Mobilier                     

1 douzaine d’assiettes

                        ½ douzaine de bols

                        2 tables de sap blanc en très mauvais état

                        12 cuillères d’étain

                        9 mauvais couteaux

                        22 fourchettes de fer

                        1 seringue

                        2 mauvais coffres

                        1 secrétaire en mauvais état

                        1 grande hache

                        1 pierrier

                        1 lit garni d’une paillasse et d’un drap de lit

                        3 jarres

                        5 poteaux de bois « incorruptible »

                        1 miroir (cassé depuis l’inventaire)

                        1 malle en très mauvais état contenant :

                                    12 gilets de toile, bons et mauvais

                                    1 culotte courte

                                    11 mauvaises chemises

                                    12 culottes longues de toile, bonnes et mauvaises

                                    11 mauvaises paires de bas, laine, coton et fil

Le Capitaine DALCHÉ et les corsaires

François DALCHÉ était Capitaine, mais je n’ai pas grand-chose, à part l’achat d’un schooner et cette histoire avec des corsaires qui pourra rendre un peu plus vivant leur ancêtre, à ses descendants. Le texte est une déposition du Capitaine DALCHÉ devant le notaire Jean NORDERLING, juge et notaire royal et public à Saint-Barthélemy le 15 juin 1797.

« Fut présent le sieur François DALCHÉ, bourgeois de cette île, Commandant la goélette Suédoise nommée « Columbia », expédiée d’ici le 14 du courant à 4 heures du matin, en parlementaire pour convoyer et piloter hors du débarquement le navire Suédois « Hertigen af Södermanland », Capitaine Gustaf William BAGGE, appartenant au sieurs « Wolf and Metzler », négociants de la dite île, et partie d’ici en même temps que la dite goélette pour Hambourg, en Europe ».

« Lequel DALCHÉ, de retour ici depuis neuf heures du matin, a dit et déclaré, qu’hier, le 14 juin 1797, et deux heures après midi, environ, ayant déjà passé la Petite Anguille, et étant en vue de Sombrero, il a observé un bateau au vent de lui, qui fut bientôt reconnu pour être un corsaire Anglais. La goélette « Columbia » se mit « en panne », ainsi que le navire « Hertigen af Södermanland » qui le suivait de près. Le corsaire s’avançait toujours sur eux, et tirait un coup de canon en hissant son pavillon.

Le second à bord se rendit le premier sur le corsaire, qui le renvoya et fit venir le Capitaine BAGGE. Ensuite, le corsaire a hélé la goélette, et commandé le comparant, et lui a ordonné de mettre son canot à la mer.

Le comparant lui a répondu qu’il ne le pouvait pas faire, que le canot n’était pas en état de tenir la mer. Là-dessus, le corsaire lui a tiré un coup de canon et ensuite un coup de pistolet qui a manqué de tuer le contre maitre, jurant et menaçant que si le canot ne fut pas mis à la mer, il coulerait bas la goélette.

Le canot à peine arrivé prés du corsaire qu’il était rempli d’eau.

A bord, le comparant fit des remontrances contre la violence et les insultes faites à son pavillon. Il fut entouré de quatre hommes armés de coutelas qui lui demandèrent pourquoi il avait tant tardé ».

Les corsaires contrôlent ses documents, puis, on le prend par les bras et on le chasse « ignominieusement » jusque dans le canot.

En partant, « le Capitaine BAGGE cria depuis le bord du corsaire où il était détenu, d’alerter à Saint-Barthélemy et avertir le Gouvernement que l’intention du corsaire était de l’emmener à Tortola »

« En fois de quoi le dit comparant a signé de mains propres, me priant, moi, juge et notaire, de protester comme aussi par ces présentes, je proteste solennellement contre la conduite violente et illégale du dit corsaire et contre les insultes faites au pavillon de sa majesté ».

Même si son nom a disparu aujourd’hui, le Capitaine François DALCHÉ a de nombreux descendants sur notre île !



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