Jacques André BLANCHARD

Comme on le sait déjà, les BLANCHARD de Saint-Barthélemy descendent tous d’un certain Jacques André BLANCHARD.

LE MARIAGE CIVIL

La première fois que Jacques André est mentionné dans les documents concernant Saint-Barthelemy, c’est le 5 mai 1795, lorsque le notaire royal, Jean NORDERLING rédige son contrat de mariage avec Marianne QUESTEL. Jacques André est dit « natif de Lille dans la Flandre, et fils légitime des défunts Jacques André BLANCHARD et Anne BOISERPE, majeur d’âge et usant de ses droits ». On peut estimer qu’il est né avant 1770 au moins.

Marianne QUESTEL, est la fille de Toussaint QUESTEL et de Marie Magdelaine GRÉAUX, tous deux cultivateurs au Colombier. Elle est née vers 1775 (je n’ai pas trouvé le baptême). Ses parents se sont mariés à Saint-Barthélemy en aout 1756, elle a huit frères et sœurs.

On pourra noter que les témoins de Jacques André sont Jean QUERRARD (marin, arrivé depuis au moins 1787) et Joseph François BERNIER, négociant à Gustavia. Quant à Marianne, outre son frère ainé Toussaint, elle a pour témoins, Charles JULIEN, capitaine de bateaux (je pense qu’il est le fils de Julien, originaire de Corse qui épouse  Marie Anne BRIN en 1777), et Jean Louis CERGE, négociant à Gustavia.

Marianne n’est pas dotée, mais «  le futur époux a doué la dite future épouse de la somme de six-cent Francs, argent des îles ».

Jacques André peut signer (maladroitement) son nom, ainsi que Jean QUERRARD et Jean Louis CERGE. L’épouse et sa famille ne font qu’une croix.

FRANOM FSB287 – signature de Jacques André BLANCHARD – 1795 – Contrat de mariage

ACHAT D’UN TERRAIN ET D’UNE MAISON

Le 19 décembre 1795, Lucas MAYER vend à André BLANCHARD « un morceau de terre size au Colombier, contenant quarante pieds français  carrés, borné au N par le vendeur, au S, par Thomas QUESTEL, à l’E par le même, et à l’O par Robert GRÉAUX, avec une petite case en charpente dessus ledit terrain, de douze pieds carrés ». André paye 6 moedes et demi comptant, l’autre moitié devant être réglé dans trois mois.

MARIAGE RELIGIEUX (Ratification du mariage de Jacobi Andres BLANCHARD et Mariane GRÉAUX QUESTEL)

Le mariage est célébré le 19 mai 1796 par Josefus Alvarez qui, sans doute n’écrivant pas le Français, rédige ses actes en latin. Pour ajouter un peu de piment, il latinise, à sa sauce, les prénoms …. Ainsi donc, Jacobum Andream BLANCHARD, originaire « ex-Flandria » épouse Marianam QUESTEL, fille de Omnium Santonum QUESTEL

ANOM – registre paroissial de Saint-Barthélémy

NAISSANCE D’UN FILS

Le 30 mai 1796, on baptise Jacques André BLANCHARD né le 1er avril 1796, fils de Jacques André BLANCHARD et de Marianne QUESTEL. Il est le seul enfant du couple.

ANOM- registre paroissial de Saint-Barthélémy

CAPITAINE ANDRÉ BLANCHARD

Le 16 juillet 1796, Charles JULIEN indique dans une déclaration notariée qu’il était embarqué sur une goélette Suédoise faisant route vers Trinidad et commandée par le Capitaine André BLANCHARD (la goélette est attaquée par une frégate Anglaise et Charles est mis au fer à bord pendant trois mois …)

VENTE D’UN TERRAIN ET D’UNE MAISON

Le 20 novembre 1798, André BLANCHARD et son épouse Marianne QUESTEL, revendent la terre et la maison qu’ils avaient achetées de Lucas MAYER en 1795, à Charlemagne QUESTEL (qui doit être le frère de Marianne). La vente est faite moyennant la somme de six moedes, soit une perte sèche de sept moedes comparée au treize moedes qu’ils l’avaient payée.

VENTE D’UN TERRAIN ET D’UNE MAISON

Le 5 décembre 1799, André vend  à François CARRA « une maison avec un emplacement size en cette ville de Gustavia ainsi que les dépendances, étant le lot numéro 7 du quartier I suivant le plan de Samuel FAHLBERG. La vente se fait « pour la somme de cinquante-et-une Portugaises de pièces d’or et d’argent ».

Après cette date, on n’entend plus parler de notre ancêtre des BLANCHARD. Qu’est-il devenu ? Tout ce que l’on peut dire avec certitude, c’est qu’il a disparu, et qu’il sans doute décédé avant le 3 janvier 1810. En effet, à cette date, Jean Louis L’ORANGE, « comme distributeur de l’assistance alimentaire accordée aux pauvres de la colonie » adresse un courrier au gouverneur ANKARHEIM « Disant que du nombre des dits pauvres, il y a une certaine Madame veuve JULIEN, qui, ayant pris et fixé entièrement sa demeure chez le suppliant, ne devrait plus être assistée de la caisse ; aussi, une certaine dame nommée veuve Pierre DANET dit Cadet (je pense qu’il s’agit de Julie Victoire LEBLANC) qui, quoique mère de trois filles très petites, ne devrait plus au moins pour quelques temps être assistée de la caisse, vu qu’elle a deux de ses enfants qui ne demeurent pas avec elle, et qu’elle fait un petit commerce de provisions au détail par l’entremise et l’aide d’un de ses beaux-frères, ce qui lui fournit une petite faculté d’existence. Mais le suppliant, vous présente qu’en place des deux susdites, devrait succéder une certaine nommée Marie Anne QUESTEL, veuve André BLANCHARD, demeurant au quartier du Corossol, où on lui fait l’hospitalité d’un logement. Cette femme est réduite dans la plus affreuse des misères et est par surcroit de malheurs, atteinte de la pulmonie qui nécessairement l’éloigne des maisons où elle pourrait trouver une assistance alimentaire en y prenant ses repas, tandis qu’un enfant garçon qu’elle a et qui quoi qu’encore jeune, serait à travailler pour s’alimenter, mais il est d’obligation de rester auprès de sa mère, et la faculté des habitants du quartier du Corossol ne leur permet point de nourrir deux personnes à ne rien faire. Le suppliant, persuadé d’avance que les bontés de votre excellence se feront ressentir en faveur de cette malheureuse indigente, il ne cessera ses vœux pour votre prospérité et la prolongation de vos jours ». Le gouverneur décide de suivre la demande de Mr L’ORANGE.

Evidement, l’enfance de Jacques André BLANCHARD fils ne semble pas avoir été des plus facile, mais le 17 avril 1820 (sa mère est déjà décédée), à Public, il épouse civilement Jeanne Rose TURBÉ, fille du Capitaine Simon Joseph TURBÉ et de Jeanne Rose GRÉAUX. Ils habitent le quartier de Flamands où ils sont cultivateurs. Le couple aura cinq enfants dont deux garçons qui vont installer durablement le nom à Saint-Barthélemy.

Jeanne Rose dite Ciboune, née vers 1820 épouse Jacques LÉDÉE le 21 avril 1841, ils sont cultivateurs à Flamands et auront 7 enfants,

Joseph André qui nait en avril 1823 épouse Elisabeth Marie Bernadine GRÉAUX avec qui il aura deux ou trois enfants (j’ai un doute sur un des enfants), puis, en secondes noces, en 1853, Marie Antoinette MAGRAS, avec trois enfants.

Louis André dit Désile qui nait vers 1825 épouse Marie Magdelaine QUESTEL le 7 aout 1847. Ils auront 5 enfants.

Suzanne née vers 1830, aucune information sur elle (mais elle est mentionnée dans la succession de son père.

Rosalie qui nait en février 1833, épouse François GRÉAUX en premières noces1855 puis Alexis GRÉAUX en 1874.

L’ORIGINE DES BLANCHARD

Mais revenons un peu sur notre Jacques André BLANCHARD. D’après les deux documents de mariage, il est dit qu’il est originaire de Lille en Flandre, mais l’est-il vraiment ? Comment retrouver un BLANCHARD, un nom aussi répandu en France. Sur le site geneanet, pour la période courant de 1760 à 1775, on obtient 156 000 réponses pour le nom BLANCHARD. Si on spécifie pour le département du Nord, on en obtient 1983, dont 152 Jacques et 8 André. Pas de Jacques André.

Alors cherchons du côté de sa mère qui possède un patronyme peu courant. En effet, si on cherche BOISERPE sur la période 1740-1775, on en trouve 41 pour toute la France, et si on cherche BOISSERPE, on en trouve 434, un patronyme fort rare. On note aussi tout de suite qu’ils sont presque tous localisés en Loire Atlantique, dont beaucoup sur l’île de Noirmoutier (aucun dans le Nord).

Après quelques centaines de pages, je trouve ce que je cherchais dans les registres de Noirmoutier-en-l’Ile.

Le 16 juin 1761, André BLANCHARD, mineur âgé de vingt-huit ans, marchand de vin, fils de feu Nicolas BLANCHARD, capitaine de barque et de Jeanne PINEAU, épouse Hélène Anne BOISCERP (le nom change tout le temps d’orthographe) mineure âgée de vingt-trois ans, fille de feu Henry BOISCERP, maître charpentier de navires, et d’Hélène BONAMI.

Puis, après plusieurs files, le 3 avril 1766, on baptise Jacques André BLANCHARD, né la veille à neuf heures du soir d’André BLANCHARD et d’Anne BOISERP.

Pour moi il n’y a pas l’ombre de doute, c’est bien le baptême de notre Jacques André BLANCHARD. Mais alors, pourquoi est-il dit natif de Lille à son mariage s’il est natif de Noirmoutier ? Probablement une confusion entre Lille et l’île, Noirmoutier étant pris comme le nom d’une paroisse de Lille. On peut se rappeler d’Antoine GIRAUD, dit natif de Saint-Martin de Ré alors qu’il est de Forges d’Aunis, ou de son frère Sébastien, qui est dit natif de Saint-Laurent en Aunis alors qu’il est né à Talmont sur Gironde. On peut aussi penser à Martin BORNICHE qui est dit natif de la paroisse Saint-Crépin en Champagne, alors qu’il est de Château-Thierry, ou encore, de Pierre DANET, natif de Nantes, alors qu’il est de Missillac. Tout est souvent très approximatif dans nos registres paroissiaux, et, pour preuve, le mariage en latin.

Comme nous l’avons vu, Jacques André est capitaine de navire en 1796. Peut-être a-t-il vécu en Flandres et que, marin, il y était basé et que c’est de là qu’il arrivait lorsqu’il se marie ? On n’en saura sans doute jamais plus, mais, en ce qui me concerne, l’origine de « nos » BLANCHARD se trouve à Noirmoutier !



Catégories :blanchard, Greaux, leblanc, QUESTEL, TURBÉ, Uncategorized

7 réponses

  1. Bonjour Jerome!

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    Merci Beaucoup et Bravo!
    Vicki Blanchard

    Aimé par 1 personne

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    Vicki Blanchard

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  3. Je pleure maintenant.

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  4. Bonjour,

    Ne pourrait-on pas imaginer que de Noirmoutier-en-l’Ile seul ait été retenue la fin du lieu. Et Lille, c’est bien connu, c’est dans les Flandres. Alors que Noirmoutier peu de monde devait savoir situer ce lieu et a donc pu être considéré comme un lieu-dit ou une paroisse de Lille.

    Vincent

    Aimé par 1 personne

  5. Just discovered this information today. Suzanne Blanchard died in June 1848 at the age of 18 years.
    anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/caomec2/osd.php?territoire=SAINT-BARTHELEMY&commune=GUSTAVIA&annee=1848&typeacte=AC_MA

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