Un mariage exotique

Gustavia, à l’époque Suèdoise, attire une population aux origines très diverses. On y trouve des gens qui viennent de presque partout et qui doivent parler presque autant de langues differentes. Les guerres Napoléoniennes qui suivent les évenements liès à la Révolution Française accèlerent le processus. On voit des Suèdois, bien sûr, mais aussi beaucoup de Français, d’Américains, Italiens, Espagnols, Portuguais, Hollandais, Maltais, Grecs, Irlandais.

Le 03 avril 1815, est signé un contrat de mariage qui, à lui seul, illustre le cosmopolitisme de Gustavia et le brassage des populations.

Par devant Charles Frederic WERDERMAN, notaire public à Saint-Barthelemy, Henri Jean Joseph DESPORTES MAHÉ, homme de couleur libre, domicilié en cette ville de Gustavia, menuisier âgé de 34 ans, né au Port au Prince, en l’île de Saint-Domingue, fils naturel de feu sieur Jean Baptiste MAHÉ de LAUNAY et de Marie Françoise RADAU demeurant en l’île de la Jamaïque, ses père et mère … d’une part,

et de Marie Angélique DURAND, veuve de Jean François ATTIS, femme de couleur libre aussi domiciliée en cette ville, âgée de vingt-six ans, née à la Nouvelle Orléans, fille naturelle de Pierre DURAND et de Marie Antoinette TUZAC ses père et mère décédés.

FRANOM _FSB 289 – signatures du contrat de mariage

Henri Jean Joseph est en fait né à Arcahaye dans la colonie de Saint-Domingue (Arcahaie, actuellement Haïti) d’un père né en Bretagne et Capitaine de milice, et d’une mère appellée Marie Françoise vers 1781. Sans doute celle-ci était une femme de couleur, libre ou esclave. En cette même année 1781, le 08 mai, le père d’Henri Jean Joseph épouse une certaine Marguerite GOUTELLE BAUMIER née à Baynet (Bainet dans l’actuelle Haïti) fille mineur et orpheline. Son fils est-il né avant son mariage ? En tous cas, c’est en 1795 seulement, le 15 janvier, que Jean Baptiste Etienne « reconnait » son fils âgé de 14 ans, en le faisant baptiser à Arcahaye, et c’est Marguerite son épouse, qui en est la marraine.

Les biens qu’Henri Jean Joseph apporte se résume en bois à meubles, outils et autres effets, estimé le tout à une somme de deux cent Gourdes. Elle a, quant à elle une somme de trois cent cinquante Gourdes, tant en meubles qu’espèces monnayées. On apprend aussi un peu ploin qu’Henri Jean Joseph est père d’une petite fille naturelle nommée Delia et âgée de 5 ans vivant avec sa mère, Jeanne, sur la presqu’île de La Samana sur l’île de Saint-Domingue.

Saint-Domingue, Jamaïque, Nouvelle Orléans, gens de couleur libre … Les deux sont une illustration des Antilles Françaises de cette époque avec en toile de fond la perte des colonies de Saint-Domingue et de la Louisiane. Le premier a pu faire partie des milliers de réfugiés Français qui quittèrent Haïti après la guerre d’indépendance pour se rendre à Cuba, la Jamaïque ou la Lousiane. Peut-être s’y sont-ils recontrés ? Peut-être ont-ils quittés la Louisiane après que Bonaparte l’eut vendue aux Etats-Unis ?

Ils n’ont fait que passer à Gustavia, car on ne retrouve aucune autre trace de leur présence ici, que ce contrat de mariage, et on ne sait pas où ils s’en sont allés …

FRAOM_FSB 289 – première page du contrat de mariage

Thanks to Derrick, a descendant of Jean Baptiste MAHÉ DESPORTES and Marguerite GOUTELLE BAUMIER for his additional help !



Catégories :Uncategorized

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