Des mariages méconnus

On lit souvent que pendant la période Suèdoise, les habitants de Gustavia, les étrangers, n’avaient pas ou très peu, de contacts avec les gens de la campagne, les Saint-Barth des vieilles familles. C’est à mon sens une contrevérité, en tous cas, une affirmation bien exagérée. Certes, en survolant l’histoire ou la généalogie de notre île, cela ne saute pas forcément aux yeux, mais il y avait bien des interactions et des échanges continus et permanents entre les deux communautés. Le commerce bien sûr, les milices, les transports maritimes ou les ventes immobilières, mais aussi en matière matrimoniale, avec des unions surprenantes car méconnues.

Je trouve par hasard, le rôle d’équipage du sloop  » Jean  » de Saint-Barthelemy, battant pavillon Suèdois, en 1807, et j’y retrouve deux noms qui me sautent aux yeux et me donnent envie aujourd’hui de citer quelques exmples.

FRANOM – FSB 153

Jean Baptiste TATTAVOGLI et Louis GIAMBRUN sont tous les deux marins sur le sloop « Jean », et dans la vie, ils sont beau-frères.

Louis GIAMBRUN, ou Luigi GAMBRUNU, Lui GAMBRUNE, GJAMBRUNN voir JEANBRUN (son patronyme Italien n’est jamais écrit de la même manière par les curés !), né vers 1776, est originaire de la paroisse Saint-Agnes à Gênes en Italie, fils de Giovanni GAMBRUNU et de Maria Magdalena VASSALA. Le 04 juillet 1801, est rédigé le contrat de son mariage avec Suzanne LAPLACE, née vers 1784 à Saint-Barthelemy, fille de Pierre LAPLACE (décédé) et de Françoise Félicité VITTET, propriétaires à Lorient. Je n’ai pas trouvé le mariage religieux pour l’instant. On remarquera que les deux témoins de l’époux sont Jean Baptiste DUZANT et François DESRAVINS (sic) « réfugié Français de la Martinique ici résidant« . Le couple aura deux enfants, Louis et Andrea. Suzanne décedera à Saint-Barthelemy en 1864, je n’ai rien d’autre sur eux.

FRANOM – ADG NOTARIAT – 1801

Le même jour, Jean Baptiste (Juan Bautista) TATTAVOGLI, aussi orthographié TALTAVOGLI, TARTEVOULE, TALTARUY, FALTABOULE (???), né vers 1781 à Mahon sur l’ile de Menorca aux Baleares, fils de Juan Estevan TATTAVOGLI et de Juana Maria ARNAU, épouse Emélie Justine LAPLACE, soeur de Suzanne. Les témoins de Juan Bautista sont Nicol CATENICHE de Trieste en Italie, et Manuel GONZALEZ de San Sebastian en Espagne. Le mariage religieux a lieu le 15 Août 1802.

Le couple aura deux enfants, Emilie Louise et Jean Baptiste pour lesquels je n’ai pas de descendance ici. Il semble que la famille soit ensuite partie s’installer à Puerto Rico.

FRANOM – ADG NOTARIAT – 1801

Le 15 décembre 1801, Manuel GONZALEZ, peut-être suite au mariage de son ami, épouse Honorée Clothilde LÉDÉE de Lorient, veuve de Louis Joseph Etienne d’HANON (il était originaire de Lille, Chirurgien Major dans la marine des Provinces Unies, ils résidaient à Saint-Eustache). Honorée Clothilde est la fille de Jean René LÉDÉE et de Marie Suzanne LAPLACE. Je n’ai rien d’autre sur eux.

Manuel GONZALEZ est dit fils de Miguel GONZALEZ et de Maria YTURRONDO de San Sebastian, Province de Biscaye en Espagne.

FRANOM – FSB 289

En Février 1817, Marie Magdelaine LAPLACE, soeur de Suzanne et Emélie Justine LAPLACE épouse Angel MASSON ou MOSON, né vers 1780 à Gênes en Italie. Le couple part ensuite s’installer à Puerto Rico où naitront trois enfants, Angel, Marie et Emmanuel et où décèdera Marie Magdelaine.

FRANOM – registre Catholique Saint-Barthelemy 1817

Ces familles « mixtes » n’ayant pas eu de descendance ici, leurs noms ont disparu immédiatement et ne sont pas entrés dans l’histoire généalogique de notre ile.

On peut se demander comment tous arrivaient à communiquer et se comprendre. Comment un marin de passage à Gustavia pouvait-il rencontrer une jeune fille vivant à Lorient ? Comment lui faire la cour quand il parlait un dialect Espagnol ou Italien et qu’elle parlait le patois ou le créole ? Comment convaincre la famille, lorsqu’on était un étranger sans fortune, qu’elle pouvait vous donner la main de sa fille ?

On peut remarquer que souvent, plusieurs soeurs se retrouvent mariées à des étrangers et que souvent aussi, en cas de décès de l’époux, il est remplacé par un autre étranger.

Certains de ces couples  » mixtes  » ont eut des descendants et leurs patronymes ont continué à être porté pendant plusieurs générations avant de disparaitre à leur tour, comme MORON (Gênes) par exemple.

Je reviendrai sur le sujet car il y a encore d’autres couples dont le mari est un étranger (pas Français) et l’épouse, une native de l’ile. Bien évidement, ces couples restent des exceptions, mais ils ont existé.



Catégories :DERAVIN, ETRANGERS, GANBRUNU, GONZALEZ, LAPLACE, ledee, MASSON, MORON, TATTAVOGLI, Uncategorized

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Rétroliens

  1. Les Suédois de Saint-Barth, épisode 1 – The Saint-Barth Islander

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