Jean-Charles, esclave

J’en ai vu d’autres, beaucoup d’autres des cas comme celui-ci. On en voit en fait pas mal, de ces esclaves qui doivent payer par eux-mêmes leur liberté (les frais de manumission). Il faut savoir que très souvent, en tous cas à Saint-Barthelemy, les esclaves ont le droit de louer leur travail à d’autres personnes. Ils peuvent ainsi gagner quelques sous, voir plus pour certains (j’imagine que cela doit dépendre aussi du propriétaire).

Nous somme en 1840 à Corossol, à Saint-Barthelemy, et on procéde à la succession de Benoit BERNIER et Catherine LÉDÉE qui laissent 6 enfants dont 2 mineurs.

La succession n’est pas bien grosse, 82 gourdes piastres pour l’immobilier (deux terrains au Corossol, un, d’un carré et demi, un autre de deux-tiers de carré, une case en charpente bâtie sur le premier terrain), et 16.6.3 gourdes piastres en meubles et effets. Alors évidement, un esclave qui vaut à lui tout seul 120 gourdes …

Jean-Charles est fidèle et sincère. Personne ne s’en est jamais plaint.

Donc Jean-Charles, tant apprécié de ses maitres qu’on rechigne presque à le laisser sous la désignation d’esclave et qu’on le dit domestique, bref, Jean-Charles le « gentil nègre », devra non seulement s’acquitter des frais liés à sa libération , mais aussi de sa valeur estimée auprès des deux mineurs de la succession.

La succession le valorise à 120 gourdes, il va falloir qu’il travaille, la liberté a un prix … !



Catégories :BERNIER, esclavage, LÉDÉE, Uncategorized

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