Les Suédois de Saint-Barth, épisode 1

Pour faire suite à l’article  Des mariages méconnus ,abordons ces autres mariages méconnus entre des arrivants Suédois et des femmes issues des anciennes familles de Saint-Barthelemy, et leur descendance aujourd’hui, car, encore une fois, contrairement à une croyance tenace, ils ont bel et bien existé.

Le 15 janvier 1804, on baptise Carl August, né le 31 juillet 1803 à Saint-Barthelemy. Il est le fils de Carl Fredrik HALLBERG, né en Suède et caporal de la garnison, et de Florence BRIN, née à Saint-Barthelemy. Le père est Luthérien et la mère Catholique. Je n’ai pas retrouvé le mariage bien que le Who Was Who indique qu’il y existe une référence dans les minutes du 12 octobre 1804.

Il n’y a pas beaucoup de Florence BRIN dans les registres et je n’en vois qu’une qui puisse correspondre quant aux dates, et qui de plus, semble avoir été l’epouse d’un autre Suédois auparavant. Cette Florence BRIN, née vers 1760, serait la fille d’Alexis BRIN dit « fils » et de Marie Louise GRÉAUX cultivateurs à Saint-Jean mais, apparement, résidants ou propriétaires à Public également.

Florence a déjà été mariée une première fois, et elle a eu trois enfants avec Jonas DAHLIN, Carl Gustav, Alexandre et Sophie Magdelaine. Je n’ai rien non plus sur ce Jonas DAHLIN, si ce n’est ce qu’en dit le  « Who Was Who » : il serait né en Suède le 3 février 1759 (confirmé par le registre de l’Eglise Luthérienne qui semble indiquer qu’il devient membre de la congrégation de Gustavia le 1er avril 1787), où il aurait été fermier avant d’arriver ici le 16 mars 1787 et de faire du commerce. D’après le WWW toujours, en 1788, il possédait deux schooners, il vivait à Gustavia avec une femme blanche et avait deux garçons.

Dans une lettre envoyée par Florence BRIN au gouverneur et au Conseil Royal le 12 février 1800, Florence se dit veuve de Jonas DAHLIN, et mère des trois mineurs nommés plus haut « issus de son mariage ». Elle demande la permission de convoquer l’assemblée des parents et amis pour délibérer et donner leur avis sur la nomination d’un tuteur principal. Elle demande aussi qu’on procède à l’inventaire de la succession. Parmi les oncles des enfants, on retrouve Alexis BRIN son frère. On peut déduire de ce document que Jonas DAHLIN est décédé un peu avant le 12 février 1800.

Pour confirmer la généalogie de Florence, on a cependant un courrier écrit le 31 janvier 1805 par Marie Louise GRÉAUX, veuve Alexis BRIN qui s’adresse au Gouverneur et aux membres du Conseil Royal. « Vous expose très humblement, que depuis plus d’un an, elle est chargée de l’enfant de Mr Charles Frederik HAHLBERG qui n’a jamais daigné pourvoir en aucune manière, ni a sa subsistance, ni à son entretien ; et comme le dit HAHLBERG est mort et que l’exposante n’a point les moyens, elle sollicite de ces Messieurs, qu’il vous soit agréable de faire reconnaitre tout ce que le dit HAHLBERG peut avoir laissé en mourant, au profit de son dit enfant, et qu’elle soit mise en possession, ainsi que des dettes que le dit HAHLBERG s’était chargé de recouvrir suivant la note qu’il avait donné dans le temps à l’honorable André BERGSTEDT, juge, résultant de la société du dit HAHLBERG avec la dame mère du dit enfant, le tout pour subvenir à l’entretien et pourvoir à sa subsistance ».

Cette lettre est suivie d’une autre le 24 mars 1806 dans laquelle Marie Louise GRÉAUX indique n’avoir eu de réponse à son premier courrier. Elle indique en plus « suppliant l’honorable cour de porter attention à l’indigence de l’exposante qui ne peut qu’avec beaucoup de peines subvenir à la subsistance des enfants dont elle se trouve chargée, notamment de celui que Mr Charles F. HALBERG a adopté ».

On pourrait déduire de ces deux lettres que Florence est décédée avant le 31 janvier 1805, plus ou moins en même temps que son deuxième mari, et qu’elle laisse plusieurs enfants, dont au moins un enfant de HALLBERG et un autre qu’il avait adopté. Ce deuxième enfant pourrait être l’un des trois enfants que Florence avait eu auparavant avec Jonas DAHLIN, et s’il n’y en a qu’un, cela ne peut être que Charles Gustave DAHLIN.

Le registre de l’église Luthérienne donne le décès de Carl Fredrik HALLBERG le 26 janvier 1805, il indique aussi qu’il est né en 1768 à Säther (un peu au nord de Stockholm).

On ne trouve trace que d’un des quatre enfants de Florence BRIN. Il s’agit de Charles Gustave DAHLIN. Rien sur lui directement, pas de baptême, de mariage, ou de décès, mais le mariage de sa fille le 9 septembre 1856 à Gustavia.

En effet, « Louise dite Lina DALINE ou GRÉAUX dite Daline, les actes ne sont jamais clairs, fille naturelle reconnue de feu Gustave DALINE et de demoiselle Anne GRÉAUX, âgée de vingt-trois ans, domiciliée au quartier de Colombier, épouse Louis Dominique MAGRAS, fils légitime de feu Louis MAGRAS et de dame MAGRAS, Marie Rose GRÉAUX, âgé de quarante ans et domicilié au quartier du Quorossol (sic) ».

Comme Charles Gustave DAHLIN et Anne GRÉAUX ne sont pas mariés, je ne sais pas qui sont les grands-parents maternels de Louise DAHLIN.

Louis Dominique est né le 2 décembre 1815 à Corossol (dans les hauteurs vers Colombier, la partie connue sous le nom de l’Andrieux, et ses parents sont dits de l’un ou l’autre des quartiers, selon les actes). Son père est connu comme Louis dit Toublonne ou Toublanc MAGRAS.

Louis Dominique et Louise auront plusieurs enfants :

            Anne Estelle, née le 7 juin 1857 à Corossol, et qui épouse François Joseph DUZANT de Public le 7 janvier 1880, ils auront huit enfants,

            Jean Isidore, né le 7 mars 1858 à Basseterre de Saint-Kitts, qui épouse Marie Antoinette MAGRAS le 7 juin 1880, ils auront une fille,

            Emile, né vers 1860, aucun détail,

            Marie Rose dite Emelie née le 4 novembre 1864 à Corossol, et qui épouse Théodore dit Arthur TURBÉ le 4 mars 1886, ils auront 9 enfants,

            Louis dit Popo, né le 14 novembre 1866, et qui épouse Anne Marie dite Adelaïde LAPLACE le 18 avril 1888, ils auront 6 enfants.

Avec 5 enfants, 24 petits enfants et une multitude de descendants encore aujourd’hui à Saint-Barthelemy, Saint-Thomas ou ailleurs, Charles Gustave DAHLIN, fils d’un Suédois et d’une Saint-Barth atteste que la Suède a bien laissé des traces dans la généalogie de notre île !



Catégories :BRIN, DAHLIN, DUZANT, Greaux, HAHLBERG, HALLBERG, LAPLACE, MAGRAS, SUEDOIS, TURBÉ, Uncategorized

4 réponses

  1. Votre étude est très riche en enseignement sur cette époque suédoise. Même si je suis plus intéressée par J.Norderling, j’apprécie toujours vos recherches et merci à vous d’investiguer cette histoire de l’île méconnue car peu de traces dans les archives si ce n’est celles que vous retracée grâce à votre pugnacité.
    Bravo !
    Evelyne

    Aimé par 1 personne

  2. This is very interesting, my tree will need a rework now.

    J'aime

Rétroliens

  1. Les Suédois de Saint-Barth, épisode 2 – The Saint-Barth Islander

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

<span>%d</span> blogueurs aiment cette page :